| Article du 16 mars 2004 | ||
Mars: l'oiseau et la fourmi |
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Les sondes, dont les réserves énergétiques devraient leur permettre de travailler durant près de 6 mois avant le grand sommeil, ont déjà vécu nombre de situations périlleuses, dont plusieurs qui n’avaient jamais été prévues. A visionner les vidéos présentées avant l’opération [lire], on aurait pu s’imaginer des véhicules avancer dans le terrain et fureter le sol à belle cadence. Illusion. Il aura fallu près de deux semaines à Spirit pour descendre de sa plateforme. A peine ses six roues posées sur le sol, une erreur de programmation sature complètement sa carte "flash" et donne des sueurs froides aux informaticiens de la NASA jusqu’au 30 janvier. En 70 journées martiennes (une journée martienne dure 24 heures et 37 minutes), Spirit a parcouru 335 mètres. Son but est de repérer des cailloux et autres structures minérales intéressantes et de les photographier, puis de les analyser grâce à un objectif microscopique et un spectrophotomètre à rayons X. Juste pour la petite histoire, rappelons qu’il y a 32 ans, en décembre 1972, le véhicule lunaire (Lunar Rover Vehicle) de la mission Apollo 17, d’un poids embarqué de 210 kg, parcourait un trajet total de 35,9 km en 4 heures et 26 minutes [lire]. Un vrai bolide! La sonde Opportunity a fait moins de parcours, mais est peut-être arrivée sur une structure plus intéressante. Elle a fini sa chute exactement à l’intérieur d’un petit cratère. Encore fallait-il en sortir. Ce ne fut pas évident, car ses 6 routes roues dérapaient sur le sable, à l’image d’une voiture de rallye engluée dans le sable d’un Paris-Dakar. Le 3 mars, la NASA essayait à nouveau d’attirer l’attention médiatique en annonçant que la sonde avait enfin trouvé une preuve indirecte de la présence passée d’eau sur la planète [lire]. Moins spectaculaire, la mission «Mars Express» de l’Agence spatiale européenne a créé l’événement: avec son spectrophotomètre Spicam et son imageur infrarouge Omega, le satellite européen a apporté la preuve de la présence de glace d’eau affleurant sous une couche de gaz carbonique, dans la calotte polaire sud de Mars. De plus, les images récoltées sont d’une beauté inimaginable. Dans cette quête de l’eau, donc de la vie, les américains, dotés d’un budget de 820 millions de dollars, ont choisi de promener leurs instruments à raz du sol en parcourant quelques centaines de mètres. Avec un budget trois fois plus faible, les européens ont préféré étudier la planète rouge d’en haut et en scannant sa globalité. Au terme des deux missions, il est fort probable que l’oiseau de haut vol aura acquis des connaissances plus étendues que les fourmis de la NASA.
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