| Le
32ème
salon international des
inventions,
des techniques et produits nouveaux,
qui aura lieu à Genève du 31 mars au 4 avril, sera le point
de rencontre incontournable pour nombre d’inventeurs privés
et d’entreprises émanant de tous les secteurs désirant
présenter de nouvelles techniques ou de nouveaux produits.
Ce sont près de 600 exposants pour un milliers d’inventions.
Cette année, Bertrand Piccard et l’EPFL y présenteront leur
projet «Solar
Impulse», que nous
avions présenté dans ces colonnes le 9 décembre 2003
[lire].
Il s’avère passionnant de fouiner sur la toile pour
découvrir les grandes inventions humaines. L’encyclopédie
Britannica
présente une liste exhaustive très intéressante. Le site
www.alyon.org
présente, par ordre chronologique, les grandes inventions de
puis 1600. Etonnant,
Agor@frica,
un site africain d’ailleurs passionnant à visiter, présente
une liste d’inventions réalisées par des Noirs. On y
découvre entre autres la lampe électrique, l’ascenseur, le
peigne, les W.C, le réfrigérateur, la plume réservoir, la
guitare, la tondeuse à gazon! Pour découvrir les inventions
du 21ème siècle, on se rend dans les archives de Time
Magazine
[2001,
2002,
2003].
Vous allez
passer des heures à découvrir des objets insolites, parfois
gadgets, souvent bourrés d’ingéniosité.
De l’eau sous forme
concentrée
C’est presque fortuitement que j’ai découvert l’une des
inventions les plus marquantes du Salon 2004, dont
l’inventeur, Fred Hoaxman, réside en Gruyère! Il a mis au
point une technique révolutionnaire de concentration de
l’eau, qui permet de réduire son volume d’un facteur de
presque 100 fois! Pour résumer, il est arrivé à réduire au
niveau moléculaire la distance entre l’atome d’oxygène et
les deux atomes d’hydrogène, les 3 atomes constitutifs de la
molécule d’eau (H2O). Pour cela il utilise le HHELC (Hydrogen
High Energy Laser Conduction), une technologie nouvelle
utilisée depuis quelques mois en recherche nucléaire,
combinée à une opération catalytique chimique dûment
protégée par un brevet mondial.
L'inventeur n'en dit pas plus.
Fils d’ambassadeur, Fred Hoaxman a effectué ses études au Collège du Sud avant
l’obtention de son diplôme d’ingénieur, puis de docteur en
sciences à l’EPFZ. Consultant pour le CERN et autres centres
de recherche, l’inventeur de génie va sans aucun doute
marquer le siècle de son empreinte.
* * *

Dans cette fiole, 50
millilitres d'eau concentrée correspondant à 4,85 litres
d'eau potable!
(Image credit: Aqua Concentrate
Ltd) |
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| Interview de Fred Hoaxman
Pourquoi concentrer de l’eau
potable?
Fred Hoaxman: L’eau est devenue
une matière rare et coûteuse à transporter. Vouloir
transporter de l’eau sur de longues distances est aberrant,
eu égard à la pollution due aux transports terrestres et
maritimes. Et combien de vies ont disparues par manque
d’eau? C’est en travaillant il y a quelques années sur un
projet de physique nucléaire consistant à modifier la
structure atomique de l’eau lourde que m’est venue l’idée.
Mais à l’époque, des outils comme le «HELC» (voir article)
n’existaient pas. Mon intuition majeure a été de combiner
une technique nucléaire à une action catalytique chimique.
L’une des difficultés majeures fut de synchroniser et de
maîtriser les flux énergétiques des deux réactions.
Qu’est-ce que cette eau que vous
appelez «concentrée» ?
Comme vous le dites, il s’agit d’un liquide totalement
transparent, d’une densité de 1,9 (environ deux fois le
poids de l’eau, ndlr) et d’une concentration d’un
facteur de 97. Cela signifie dans la pratique que lorsque
vous transportez 1 litre de concentré d’eau, cela équivaut à
97 litres d’eau potable. Autre avantage, ce concentré d’eau
ne contient ni virus, ni bactérie, ni trace de polluant
chimique.
Quelles seront les applications
prioritaires?
Les applications sont infinies. Pensez à toutes les
situations où l’eau manque comme sécheresses, catastrophes
naturelles, traversées de déserts, expéditions, voyages
spatiaux habités.
Comment et où sera produite cette
eau concentrée?
Il faut pouvoir disposer d’une eau de grande qualité
physico-chimique et d’une puissance électrique suffisante.
On pourrait envisager une usine de
production en Gruyère?
Certainement. Et pourquoi pas, à Grandvillard, qui possède
une source idéale. Reste un problème de taille, celui de
l’énergie électrique. Une première simulation mathématique a
montré que si l’on accepte que le niveau actuel du lac de la
Gruyère soit réduit de 5 mètres seulement, les EEF
pourraient satisfaire notre demande. Il s’agit là d’un choix
politique assez délicat.
Quand pourrons-nous découvrir votre
invention?
Le public gruérien pourra découvrir l’eau concentrée en même
temps que les quelques 120 journalistes attendus lors de la
conférence de presse qui se déroulera ce jeudi à 09h30, sous
le kiosque à musique de la Place du Marché à Bulle.
Pourquoi cette première mondiale à
Bulle?
La Gruyère est ma source de vie.
Elle m’a donné la passion des études et le sens du défi.
Tout en voyageant dans le monde entier, je reste
profondément attaché à ma région, dont j’apprécie le
dynamisme. Et puis, la Gruyère, avec son Salon Aqua, a bien
marqué son intérêt pour le domaine de l’eau (sourire).
Et jeudi, sur la Place du Marché, je serai aussi fier de
faire découvrir notre belle région à la presse
internationale, avant de retourner à la grand messe du salon
des inventions à Palexpo.
Propos recueillis
par P. Schwaller |
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