N’accusez pas Google, l’entreprise de Montain View
en Californie, de voir petit: après avoir innové dans le domaine des
moteurs de recherche des pages Web (www.google.com),
dans les services de messagerie électronique (gmail.google.com),
dans la photographie digitale (picasa.google.com),
Google pose maintenant son regard d’aigle sur quelque chose de nettement
plus large, le globe terrestre.
Sa dernière réalisation, Google Earth, est
l’application la plus fabuleuse, la plus excitante et la plus passionnante
qu’il m’ait été donné de vous présenter. Bien que l’idée soit simple, elle
met en œuvre des technologies de dernier cri, comme les satellites
d’observation du globe terrestre, l’imagerie satellite, la gestion de
gigantesques bases de données, la connexion à haut débit, les outils de
recherche sur le web et bien d’autres technologies de pointe. Tenez vous
bien: Lorsque vous avez chargé et installé sur votre PC (désolé pour les
Mac !) le logiciel que vous trouvez à
http://earth.google.com, vous verrez apparaître sur votre écran le
globe terrestre, un peu comme une mappemonde d’écolier, dépourvue de
nuages. Mais au contraire de cette mappemonde où la Suisse est si petite à
distinguer, le logiciel va être capable de zoomer jusque sur le toit et le
jardin de votre maison! Et si votre curiosité dépasse les frontières
régionales, c’est pratiquement sur chaque mètre carré de la totalité du
globe terrestre que vous pourrez zoomer. Vous manipulez le globe à votre
convenance, en le faisant pivoter dans toutes les directions, puis en
zoomant sur le continent, le pays, la région, la ville ou le centre
d’intérêt de votre choix. Ce travail de Titan qu’a débuté Google en
collaboration avec les grandes sociétés d’imagerie satellites permet déjà
d’observer les Etats-Unis et la plupart des grandes agglomérations
mondiales avec une très haute définition, le reste du globe devant encore
être intégré avec la même précision durant les prochaines années. Il faut
attendre pour cela que les satellites passent sur ces régions en l’absence
de nuages, ce qui n’est pas évident.
Voir une région géographique du ciel, donc perpendiculairement au terrain,
est souvent très déroutant et peu attractif, car le relief est «aplati».
Google fait fort: il a fait le choix de fournir des photographies du globe
prises avec un certain angle latéral. Ainsi, les montagnes et les
réalisations issues du travail humain sont observés en vision
tridimensionnelle. On ne visionnera donc pas forcément notre centre
d’intérêt du sud vers le nord, au contraire d’une carte de géographie
classique.
Mais Google Earth va plus loin: superposé au terrain, le programme y
ajoute des dizaines de «couches» supplémentaires qui permettent de
visionner toutes sortes d’infrastructures (limites des pays, routes,
trains, aéroports, épicentres de tremblements de terre, volcans, stades,
églises, écoles, banques, hôtels, restaurants, centres commerciaux, etc.,
etc.). Vous êtes à Manhattan et recherchez une pizzeria ? Zoomez sur la
ville, tapez « pizzeria », zoomez sur la pizzeria de votre choix, mesurez
la distance depuis votre hôtel (cette fonction est même fort utile) et
cliquez sur le lien qui ouvre automatiquement la page internet de
l’établissement. Faites de même avec un musée, une exposition temporaire (Google
y intègre en effet des « couches » dynamiques), un zoo, un cinéma, une
attraction touristique.
Ce ne sont là qu’une bribe des possibilités offertes
par Google Earth. Arrêtons-nous là pour l’instant. Je vous propose d’aller
vous faire envie en découvrant le résultat de ma dernière nuit blanche,
soit une vingtaine de captures d’écran légendées et placées pour vous à
www.lyoba.ch/lagruyere/article206.htm. Parions que vous n’attendrez
pas des heures avant de télécharger le logiciel. Vous vous trouverez
probablement un peu perdu à découvrir le monde d’un clic de souris. Il y a
plein de trucs et astuces à découvrir. C’est ce que nous ferons ensemble
dans deux semaines sur cette même page.
|
|