L’hiver approche et, avec lui, les descentes de ski télévisées. Certes,
l’enthousiasme des téléspectateurs de déborde plus comme au temps des Russi, des
Colombin et autres Zurbriggen et l’approche des jeux olympiques de Turin ne
semble pas réveiller les passions d’antan. Est-ce le fait que nous n’ayons pas
actuellement de très grands champions ou simplement que le spectacle télévisuel
qui nous est offert n’a pas grandement évolué durant ces dernières années ?
C’est précisément dans l’idée de raviver l’attrait des grandes descentes de ski
que la TSR innove de manière
originale. En collaboration avec sa collègue suisse alémanique et la télévision
autrichienne, la TSR a lancé le 1er décembre un concept inédit de jeu vidéo
interactif nommé «Ski Challenge». Le programme, qui fait initialement 15 Mo,
peut être téléchargé gratuitement à
www.tsr.ch/skichallenge.
Après avoir installé le jeu et optimalisé l’affichage en fonction des conditions
musculaires de votre PC (j’obtiens une fluidité parfaite en 1600 x 1200 pixels
et 32 bits avec une carte accélératrice de 128 Mo datant de plus de 2ans !),
vous vous chaufferez particulièrement la musculature des doigts de la main
droite, car le skieur ou la skieuse (c'est-à-dire vous) se dirige au clavier.
La TSR proposera durant la saison d’hiver 2005-2006 quatre descentes
spectaculaires de la Coupe du Monde:
- la piste de Gröden à Val Gardena, au pied des Dolomites, où Bernard Russi
a remporté son titre mondial en 1970;
- celle de Bormio, qui a vu l’an dernier la victoire de l’Américain Bode
Miller lors des championnats du monde;
- le Lauberhorn à Wengen, la descente mythique des Alpes bernoises. Pour
l’instant, on débute sur la descente de Gröden.
La phase d’entraînement est absolument indispensable. On choisira la
catégorie (hommes ou dames), le type de ski, l’habillement, les conditions
météorologiques, et on se lance dans la pente. Si vous commencez, il est fort à
parier que vous ne pourrez plus arrêter avant d’acquérir une certaine maîtrise,
tant le simulateur tient en haleine. Les chutes seront nombreuses et d’un
réalisme presque indécent. La qualité de la texture, des rendus 3D et des effets
audio est absolument époustouflant. Après quelques heures d’entraînement, on est
totalement immergé dans le jeu, avec, à chaque portique de départ, la gorge
serrée et le cœur qui palpite. On se bat aussi contre son propre «fantôme», un
coureur semi transparent qui est vous-même lors de votre meilleures descente, ou
un autre coureur si vous décidez de vous affronter en réseau avec un autre
internaute. Utile pour suivre un meilleur que vous, apprendre la technique et
comment négocier les courbes et les sauts.
Derrière ce jeu vidéo se cache un concept fort subtil: par le biais d’une
inscription en ligne (c’est gratuit), l’internaute va pouvoir participer aux
diverses compétitions et se mesurer aux dizaines de milliers d’autres
internautes. Ces compétitions en ligne se dérouleront en même temps que les
«vraies» courses. A l’issu des quatre descentes mythiques, un classement final
sera établi, avec des prix et distinctions distinctes: le meilleur romand pour
la version TSR de Ski Challenge, le meilleur Suisse avec les versions TSR, DRS
et RTR (TV rhéto-romanche) et le meilleur international avec les autrichiens.
Ski Challenge nous projette dans les difficultés et subtilités techniques
d’une descente de ski bien mieux que par le biais de l’image télévisée réelle.
Une chose est sûre : le respect que vous aurez pour les kamikazes qui s’élancent
sur ces grandes descentes, ira grandissant. On comprend aussi pourquoi n’est pas
champion qui veut.
Une question sans réponse me brûle les lèvres. Pourquoi ne fixe-t-on pas de
mini-caméras sur chaque coureur (par exemple au genou ou sur le casque)?
Techniquement, il n’y aurait aucun obstacle majeur et ce sport gagnerait en
attractivité, offrant, comme en formule 1, en moto, en cyclisme ou à la voile
des images vidéos en temps réel, grâce auxquelles le téléspectateur s’immerge
totalement dans la réalité de la compétition. |
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