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Johnny Hallyday, bête politique? On
peut en douter, même si on l’a vu l’homme de spectacle embrasser
chaleureusement Nicolas Sarkozy et lui
prouver ainsi son soutien moral. Baiser de Judas ou tactique politique bien
mûrie? Probablement ni l’un ni l’autre. Ce qui est certain, c’est qu’en
décidant d’élire domicile en Suisse pour des raisons fiscales, le citoyen
français Jean-Philippe Smet provoque un raz de marée médiatique absolument
considérable (plus de 50 000 articles sur internet, un record absolu!).
Flashback
(puisque c’est justement le nom de sa tournée 2006) : Mardi 12 décembre,
l’édition internet du journal français l’Express (www.lexpress.fr)
annonce que Johnny Hallyday aurait l’intention de s’exiler en Suisse pour
échapper aux griffes du fisc français. Emballement du monde politique et
scepticisme général. Mais jeudi 14 décembre, sur les ondes d’Europe 1 (www.europe1.fr),
le chanteur, très énervé, déclare: «les
réactions, j'en ai rien a foutre. J'en ai marre comme beaucoup de Français
de payer ce qu'on nous impose comme impôts. J'ai fait mon choix, mais j'aime
la France" et précise : "même si je suis résident ailleurs, je suis quand
même citoyen français, il ne faut pas l'oublier".
Depuis sa déclaration, c’est
un tremblement politique en France. Tout le monde politique s’en mêle,
jusqu’au Président Chirac: « «J'apprécie énormément sur le plan humain comme
sur le plan artistique Johnny Hallyday et son immense talent. Il n'en reste
pas moins que je regrette un peu - si j'apprécie l'artiste - le comportement
du citoyen». Nicolas Sarkozy: «qu'un pays où tous les artistes, les
sportifs, les créateurs, les chercheurs, où tous ces gens se disent qu'il
faut partir, c'est bien qu'il y a un problème». Jean-François Copé, ministre
du budget: «Je regrette qu'un certain nombre de nos compatriotes
s'expatrient, surtout lorsque c'est motivé par des raisons fiscales. Mais,
comme dit le proverbe: «L'herbe du voisin est toujours plus verte que la
sienne, jusqu'à ce qu'on s'aperçoive que c'est du gazon artificiel». Puis
c’est le tour de Segolene Royal: «quand on gagne beaucoup, beaucoup
d’argent, on doit donner l’exemple. Il y a tellement de pauvres en France
qu’on a besoin de solidarité (...)"
Ce qui est sûr, c’est que ce
qui devient l’ «affaire Johnny» attirer l’attention sur la Suisse et son
système fiscal privilégié, mais aussi sur les atouts en terme de qualité de
vie et de tourisme. Pour Gstaad, Saanen, Rougemont, Château-d’Oex, et plus
généralement pour les stations des préalpes et alpes suisses, la présence de
Johnny pourrait devenir une référence incontestable. Mais ce serait sans
compter sur Le Matin. Alors que le 13 décembre, Fabiano Citroni , titrait
«Bienvenue en Suisse, Johnny !», Peter Rothenbühler, rédacteur en chef de
ce même journal, écrit dans son éditorial intitulé "Johnny, reste chez toi",
«qu'il ne fait bon vivre que trois mois par an à Gstaad, un village où l'on
parle le dialecte suisse-allemand, à condition d'aimer le ski, la randonnée
et la solitude. Et comme Johnny est un gars qui ne peut pas rester seul, il
va donc s'ennuyer comme un rat mort à Gstaad". Le problème est que l’avis
«éclairé» de cet expert de Johnny et de la qualité de vie en Suisse a été
immédiatement repris par plus de 400 médias qui titrent tous «Johnny va
s’ennuyer à Gstaad comme un rat mort». Quelle belle promotion nous fait là
ce visionnaire de la vie des stars! Cette image peu flatteuse est même
relayée jusqu’en Angola ! (www.angolapress-angop.ao/noticia-f.asp?ID=495008).
Ils doivent tant s’ennuyer, ces artistes établis en Suisse (Barbara
Hendricks, Charles Aznavour, Tina Turner, Phil Collins, Céline Dion, Marie
Laforêt, Shania Twain, Nana Mouskouri, Patricia Kaas, Yoko Ono, Robert
Palmer, et bien d’autres). Dans son chalet de Gstaad, situé à quelques
minutes de l’aérodrome de Saanen, Johnny pourra aussi côtoyer Ernesto
Bertarelli, Roger Moore et de son fils Geoffrey, Elisabeth Taylor et bien
d'autres célébrités. A bientôt 64 ans, entre ses tournées d’enfer et de
nouveaux enregistrements, Johnny saura prendre le temps de se ressourcer
dans nos préalpes.
Et, comme
selon son habitude depuis l’hiver dernier, Johnny regagnera son chalet de
Gstaad en s’arrêtant en Gruyère avec son fils David et son épouse Laetitia,
pour faire le plein de produits de terroirs. Donc, bienvenue chez nous en
Gruyère, Johnny ! La laiterie Richoz à la Tour et quelques autres
commerçants de la place, quelque peu surpris et émus par leurs visites, ne
nous contrediront pas ! | |