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Encore tout chaud de presse, il vient de
paraître, le fascicule de l’Office fédéral de la statistique (www.bfs.admin.ch)
intitulé «Utilisation d'internet dans les ménages en Suisse». Cette étude de
68 pages, téléchargeable dans leur site et rendue publique le 11 janvier
2007, veut répondre à de nombreuses questions stratégiques. Quelle
proportion de la population utilise internet et à quelle fréquence? Qui sont
les utilisateurs d'internet? Comment et où l'utilisent-ils? Quels sont les
motifs d'utilisation ne les plus fréquents? Qu'en est-il du fossé numérique?
La deuxième partie du rapport reprend quelques indicateurs d'infrastructure
technique et d'équipement des ménages. Selon ses auteurs, cette étude,
effectuée par interview téléphonique représentatif de 3270 ménages, doit
également guider le conseil fédéral dans sa stratégie de communication dans
les domaines de la formation, la santé et la cyberadministration. A première
vue, l’étude semble très intéressante. Mais en découvrant les statistiques
les unes après les autres, on se rend vite compte d’un « hic » majeur. Les
sondages des 3'270 personnes se sont déroulés de janvier à décembre 2004 !
Il en résulte un décalage de presque trois ans par rapport à la réalité
internet actuelle. Et dans le domaine internet où les technologies et
applications se développent à un rythme quasi exponentiel, 2004 est presque
le Moyen-âge. En 2004, les blogs, la téléphonie IP et le Peer2Peer étaient
encore confidentiels, les hauts débits à bas prix inexistants, la Wifi
naissante, les laptops chers, leshop.ch dans les chiffres rouges.
N’existaient encore ni Google Earth, ni le Web.2, ni Youtube et les vidéos.
L’iPod Photo ne fut lancé qu’en octobre 2004, l’iPod Shuffle en janvier
2005. (http://www.ipod.fr/historique-modele-ipod.php).
Il est aisé de comprendre qu’une
statistique de 2004 n’est que moyennement intéressante sur de nombreux
aspects. Elle peut même s’avérer trompeuse si l’on cherche des fractures
numériques, par exemple entre les hommes, les femmes et les générations. Ce
n’est peut-être pas statistiquement significatif, mais je constate qu’en
2007, mon père (90 ans) et ma mère (83 ans) utilisent internet
quotidiennement, alors qu’ils ne connaissaient pas cet outil en 2004. Les
motifs d’utilisation d’internet à titre privé (page 26 du rapport) ne
correspondent plus non plus à la réalité actuelle. Une autre réalité est
complètement occultée, celle de l’intérêt des internautes (probablement
plutôt «masculin ») pour le sexe. Selon certaines études, le sexe sur
internet représente près de 38% de l’audience totale et l’industrie du sexe
sur le web était évaluée en 2006 à 12 milliards de dollars! (http://www.mykidsbrowser.com/internet-pornography-statistics.php).
Une dernière question me laisse songeur:
pourquoi faut-il 24 mois pour évaluer un sondage de 3'270 personnes dont
toutes les données étaient saisies et connues en décembre 2004 ? Comment
font les grands instituts de sondage tels que
Internet World Statistics et
Nielsen/NetRatings pour
fournir, à trois mois de décalage, des statistiques fournies et détaillées
pour le monde, l’Europe et même la Suisse? A titre informatif, en septembre
2006, la pénétration d’internet en Suisse se situait à 68,1 de la
population, devant l’Allemagne à 61,3%, l’Autriche à 56,8%, l’Italie à 48,8%
et la France à 48,4%. La moyenne des pays européens se situait à 38,2%
seulement. Pour en savoir plus sur les statistiques et tendances en rapport
avec internet, le site
www.journaldunet.com/chiffres-cles.shtml
s’avère très complet.
Google Trends.
Et voici un puissant nouvel outil de
Google qui risque bien de vous « scotcher » de nombreuses heures: Google
Trends à
http://trends.google.com. Un
fabuleux outil basé sur la popularité de fréquentation des pages « news » de
Google. Placez un ou une suite de mots-clefs, choisissez le pays, la langue,
la ville. Saisissez par exemple « Sarkozy, Selene Royal », « Federer, Nadal »
ou « Beatles, Elvis Presley, Rolling Stones, Celine Dion » et comparez leur
popularité respective depuis 2004 jusqu’en décembre 2006. Etonnant et
passionnant. Un outil qu’évidemment seul Google pouvait mettre en place au
niveau mondial. Une domination qui peut faire craindre le meilleur … et le
pire ! | |