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Le monde dans lequel nous vivons requiert
une vigilance accrue. Il ne faut par contre pas croire que les arnaques
appartiennent exclusivement au monde de l'internet. Autour de nous, des
individus extorquaient des personnes naïves et trop crédules. Il suffit de
lire nos journaux pour s'en convaincre: un fiduciaire détourne 8 millions,
un agent d'assurances floue ses clients, un autre malin vend à prix d'or un
jus de perlimpinpin censé dessouler une personne ivre en quelques minutes.
Et, comble de l’imbécilité, le directeur d'une cave valaisanne qui perd 2,5
millions de francs pour se libérer d'un contrat d'annonces publicitaires de
moins de trois mille francs! Les exemples pullulent.
Pour les arnaqueurs, internet est un
vrai paradis. Les possibilités de gruger son monde sont très diverses.
L'escroc a un avantage immense, celui de pouvoir contacter des centaines de
milliers de personnes facilement, en spéculant que les plus naïfs tomberont
dans leur piège. Passons en revue les arnaques actuellement les plus
classiques sur le web. Certaines vous feront rire, et pourtant, nombreux
sont les pigeons!
Commençons par la bonne vieille arnaque à l'africaine.
Une personne se trouvant dans une situation politique ou économique troublée
se dit porteuse d'une somme d'argent importante, en principe de plusieurs
millions. C'est un Africain, une Africaine, une veuve (évidemment éplorée),
un orphelin, un héritier. Cette personne vous contacte par e-mail et
requiert votre aide pour un transfert de fonds à faire sur votre compte
bancaire. En signe de reconnaissance, elle vous promet une marge
intéressante qui dépasse en principe le million de francs. Vous acceptez la
transaction entrez alors dans la spirale des dépenses et «avances de frais».
À la fin du compte, on y perd gros.
L'arnaque à la voiture
(ou à tout objet que vous vendez par une petite annonce). Vous désirez
vendre votre voiture d'occasion à, disons dix mille francs. Le prétendu
acheteur, qui répond généralement à votre annonce dans un drôle d'anglais,
prétend vouloir acheter votre voiture et vous envoie un chèque par DHL de
quinze mille francs. Il vous signale alors son erreur et vous prie de lui
renvoyer quatre mille francs, la différence étant pour votre peine. Vous
vous rendez à votre banque qui crédite votre compte de la valeur du chèque
(quinze mille francs). Le même jour, vous faites parvenir les quatre mille
francs à votre «acheteur» par Western Union. Le hic? C'est que dans deux à
trois semaines, votre banque vous signale que le chèque n'est pas
approvisionné et débite votre compte de quinze mille francs. Moralité :
votre voiture n'est pas vendue et vous avez perdu quatre mille francs.
Le singe du Bénin.
En plaçant son annonce sur un site de petites annonces, l’arnaqueur vous
propose d'acheter des singes, des perroquets et autres bêtes exotiques du
Bénin. Vous payez à l'avance et ne verrez évidemment jamais arriver
l'animal. Même truc par rapport à des animaux (serpents, perroquets, chiens
et chats) provenant d’autres pays, et même de France. Tout est fictif, sauf
évidemment le pigeon!
Les arnaques chez
Ricardo.ch.
Elle a sévi durant le mois de janvier et a gravement décrédibilisé ce site
d'enchères suisse. Un vendeur d'ordinateurs Macintosh proche de la faillite
a l'idée de mettre en vente des iMac et des iBook à des prix défiant toute
concurrence. Les premiers acheteurs affluent et reçoivent leur matériel. Sur
chaque vente, le vendeur perd une certaine somme, puisqu'il vend meilleur
marché que son prix d'achat. Ces premiers acquéreurs contribuent ainsi à
attribuer une bonne cote de confiance par rapport au vendeur, ce qui rassure
les nouveaux acheteurs. Ces derniers sont piégés, puisqu'ils ne verront
jamais leur Mac.
Pourquoi tant de monde se laisse-t-il
piéger? Toujours pour les mêmes motifs: la cupidité, l'attrait de l'argent
qu'on n'a pas mérité est une bonne dose de naïveté. Achète-t-on vraiment un
singe, un perroquet ou un chien par correspondance, sans même l'avoir vu ?
Si l'on vend un objet, est-il logique de débourser de l'argent, alors que ce
devrait être le contraire? Pourquoi vous donnerait-on des millions comme ça?
Et dans tous les cas, il est impératif d'avoir les coordonnées fiables et
vérifiées de son correspondant. Un minimum de bon sens n’est pas superflu.
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