A la fin du XVIIIe siècle, Bulle est une petite
ville enfermée dans ses limites médiévales mais sa position
favorable au carrefour des voies commerciales en font le pôle
économique le plus dynamique du canton de Fribourg.
Le 2 avril 1805, en quelques heures, la ville est presque
entièrement détruite par le feu. Plus d’un millier d’habitants
sont ruinés. La commune y perd la plupart des bâtiments publics.
Aussitôt, un immense élan de générosité se manifeste en faveur des
sinistrés, de la part des Fribourgeois et des Confédérés – en tête
desquels les cantons de Zurich, Vaud et Berne – mais aussi de
Neuchâtel, du Valais, de Genève et des Suisses de Paris.
La reconstruction de la cité va durer un demi-siècle. La
simplicité d’une architecture fonctionnelle met en valeur de
larges rues et une nouvelle place centrale. Cette ville neuve va
connaître un remarquable développement économique et
démographique. Ce qui fait dire à une voyageuse du milieu du XIXe
siècle qu’elle a eu « l’avantage de brûler»!
A l’occasion du bicentenaire de la catastrophe,
une équipe pluridisciplinaire a entrepris une histoire globale du
plus grand incendie de l’histoire fribourgeoise. La relation de la
journée du 2 avril 1805, au cœur de l’ouvrage, s’inscrit dans une
trajectoire allant de la fin du XVIIIe siècle jusqu’aux années
1860 et abordant les thèmes de la démographie, de l’économie, de
l’urbanisme et de l’architecture, de l’artisanat, de la prévention
des incendies et des moyens de lutte contre le feu. L’assurance
cantonale des bâtiments contre l’incendie, dont la création est
une conséquence de l’incendie de Bulle, y est présentée de sa
fondation jusqu’en 2005.
Le retentissement de l’incendie de 1805, ses
conséquences cantonales et l’engagement national en faveur des
victimes confèrent à cet ouvrage un intérêt qui déborde largement
celui de l’histoire locale.
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