
En concoctant «Le jardinier des myosotis», Patrick
Woodroffe relève un nouveau défi artistique, celui de la bande
dessinée. Fraîchement paru aux Editions Gruériennes, l’ouvrage est
une sorte d’inventaire des visions, des chimères et du vécu de son
auteur. C’est un objet de collection, car il illustre l’immense
affection de Woodroffe pour ces deux régions que sont ses
Cornouailles natales et la Gruyère, sa patrie d’adoption. Format
23.5 x 32.5 cm, 48 pages, en quadrichromie, reliure plein papier,
cousu au fil.
PRÉFACE de Georges
BAECHLER
Lors de notre première
rencontre, ce qui m'a le plus marqué chez Patrick Woodroffe ce
sont ses talents de polyglotte. Un Cornouaillais qui s'exprime
indifféremment dans sa langue maternelle, en allemand, en français
ou en espagnol n'est pas chose courante. Au fil de nos rencontres,
j'ai ainsi découvert un artiste aux multiples facettes capable de
peindre, d'illustrer, de sculpter et d'écrire. Son amour
inconditionnel de la Suisse et de la Gruyère nous a amenés à
réaliser ensemble quelques projets dont le plus marquant est
certainement son exposition permanente de la tour du Prisonnier,
au château de Gruyères. Cette exposition est un condensé de ce que
Patrick Woodroffe est capable de réaliser: des dessins d'une
finesse extraordinaire, des images d'une richesse telle qu'il faut
y revenir plusieurs fois avant d'en découvrir tous les détails. Se
plonger dans une de ses peintures, c'est s'inviter dans un univers
où se mêlent le fantastique, la poésie et des jeux de symboles qui
jettent des ponts entre le monde réel et son monde imaginaire. Le
maître mot de Patrick Woodroffe est coïncidence. L'histoire du
«Jardinier des myosotis» en est truffée.
Cette
bande dessinée nous raconte l'histoire de deux frères jumeaux
séparés par la vie et qui se retrouvent grâce à une multitude de
coïncidences et de hasards. Cette BD est un joyeux amalgame
autobiographique, historique et fantastique. Patrick Woodroffe
nous convie à repérer des similitudes entre la forteresse de
Pendennis et la cité de Gruyères, à déchiffrer - et ce n'est pas
toujours facile - des jeux de mots subtils. Il fait des allusions
à «la route des cloches», autre «projet fou» imaginé pour les
cantons suisses. «Le jardinier des myosotis» fusionne la réalité
contemporaine et l'imaginaire fantastique. Il propose une lecture
en miroir et des échos se répondent, jusque dans le mot,<grue» qui
désigne tout à la fois l'oiseau et le dispositif de levage. Il
repère une correspondance entre le pis des vaches et les pies qui
volent en noir et blanc dans le ciel du canton de Fribourg. La BD
de Patrick Woodroffe est particulière à plus d'un titre. Son
scénario demande une lecture attentive, les images ne se lisent
souvent qu'au deuxième regard.
L'ouvrage a été réalisé à partir de planches dessinées et
coloriées entièrement à la main et mises en page par l'auteur
personnellement. Tout cela en fait plus qu'une simple bande
dessinée. C'est un récapitulatif des techniques utilisées par
l'auteur, c'est également une sorte d'inventaire de ses visions,
de ses chimères et de son vécu dans ces deux régions que sont la
Cornouailles et la Gruyère. C'est un objet de collection, car il
illustre l'immense affection de Patrick Woodroffe pour la Suisse
et la Gruyère en particulier.
|